Section 4 — Qu’est‑ce qu’un manquement à l’amour ?

Version CP — d’après « Qu’est‑ce que le péché ? » UCEM

Préambule

Le mot « péché » vient du latin peccatum, qui signifie faute. Ce latin traduit le grec hamartia, qui signifie déficience, erreur. Et ce grec traduit l’hébreu hatta’t, qui signifie manquer la cible.

À l’origine, ce mot ne parle ni de morale, ni de faute personnelle, ni de culpabilité.

Il décrit simplement un mouvement intérieur qui se trompe de direction. Un geste qui manque sa cible, que je traduis ici comme un manquement à l’amour.

Il n’y a donc pas de faute : seulement des gestes qui ne visent pas juste, et qui peuvent être réorientés vers ce qui est simple, vivant, et réel.

Texte

Un manquement à l’amour, c’est entrer dans une confusion intérieure. C’est un moment où la direction se trouble, où la perception perd sa justesse. Sentir n’est pas connaître : lorsque l’esprit regarde depuis un manque, la perception se déforme. Ce qui est simple devient compliqué. Ce qui est intact devient flou. Ce qui est réel se voile sous des perceptions fausses.

Le manquement à l’amour, c’est laisser des images fabriquées prendre la place de ce qui est réel. Dans cet état, l’esprit donne du poids à des illusions qui n’en ont pas. Il se met à croire que ce qui est vivant peut mourir, que ce qui est intemporel peut se finir, que ce qui est intact peut être altéré. Mais ce ne sont que des constructions mentales.

Le corps, souvent entraîné à servir cette confusion, peut changer de rôle. Il peut devenir un lieu d’ancrage, un témoin de clarté. Quand l’esprit choisit un autre but, les sens se mettent à chercher ce qui est simple, vivant, fiable.

Les rêves issus du manquement à l’amour peuvent sembler effrayants. Pourtant, ce qui paraît grave n’est souvent qu’un jeu d’enfant : une construction intérieure sans poids réel, un jeu où l’on se prend pour un corps menacé, limité, séparé. Mais ce jeu n’a jamais touché ce qui demeure vivant en soi.

Jusqu’à quand allons‑nous maintenir ce jeu ? Ne pourrions‑nous pas simplement déposer ce qui blesse, sans effort, sans lutte, pour revenir à ce qui est déjà là ? Aujourd’hui peut‑être.

Il n’y a pas de faute. Il n’y a pas de « péché ». Il n’y a que des gestes qui manquent l’amour. La présence intérieure est intacte. Ce qui est réel n’a pas été altéré. Le retour à cette simplicité peut se faire maintenant, sans effort, sans délai.


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