Version CP — d’après la section 5 UCEM
Le corps apparaît comme une forme, une limite que l’esprit imagine comme une frontière de séparation avec l’extérieur. Il semble être un lieu où je me trouve, puis où je disparais quand cette forme s’altère. Dans cette impression de forme, je crois être protégé de ce qui pourrait m’atteindre et je confonds cette protection imaginaire avec ce que je suis réellement. Je m’identifie alors à ce qui me semble me garder en sécurité, et cette identification devient ma croyance d’être un corps, maintenant la relation à distance.
Le corps ne dure pas. Son impermanence paraît confirmer que la séparation fonctionne, comme si la fragilité de la forme prouvait que l’unité peut être brisée. Dans cette logique, la possibilité d’attaque, de défense, de victime ou de bourreau semble réelle. La mort du corps devient alors la « preuve » que ce qui est éternel pourrait être détruit.
Le corps est un rêve. Il peut sembler doux ou difficile, ouvert ou effrayant, car il reflète le but que l’esprit lui donne. La peur ne crée rien, mais si je donne au corps un rôle de menace ou de protection, il jouera ce rôle. Ce rôle peut être changé en changeant le sens que je lui donne.
Le corps peut servir un autre but. Il peut devenir un moyen de revenir à la clarté, un passage vers une perception plus simple. Ce qui semblait enfermer peut devenir un lieu de relation. Quand je tends la main vers l’autre, quand je marche avec lui, le corps cesse de faire croire en la séparation et devient une aide pour un retour à la simplicité.
Quand je m’identifie à ce que je crois être ma sécurité en la plaçant dans une forme, je me sens limité. Si je la place dans ce qui est simple et vivant, je me sens chez moi, dans une présence d’amour et de sécurité où la peur n’a pas de place. Quand je m’identifie à ce qui est ouvert, je retrouve ce que je suis dans une qualité de présence intérieure.
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