Version CP — d’après « Qu’est‑ce que le péché ? » UCEM
Le mot « péché » vient du latin peccatum, qui signifie faute. Ce latin traduit le grec hamartia, qui signifie déficience, erreur. Et ce grec traduit l’hébreu hatta’t, qui signifie manquer la cible.
Principe fondamental
À l’origine, ce mot ne parle ni de morale, ni de faute personnelle, ni de culpabilité. Il décrit un mouvement intérieur qui se trompe de direction, un geste qui perd le contact avec ce qui est déjà en soi.
Ce principe est central : il enlève toute charge morale et ramène le manquement à une posture intérieure, un mouvement perceptif qui peut être réorienté.
Aller chercher à l’extérieur ce qui est déjà en soi, c’est laisser des images fabriquées prendre la place de ce qui est réel. Dans cet état, l’esprit donne du poids à des illusions qui n’en ont pas. Il se met à croire que ce qui est vivant peut mourir, que ce qui est intemporel peut se finir, que ce qui est intact peut être altéré. Mais ce ne sont que des constructions mentales.
Le corps, souvent entraîné à servir cette confusion, peut changer de rôle. Il peut devenir un lieu d’ancrage, un témoin de clarté. Quand l’esprit choisit un autre but, les sens se mettent à chercher ce qui est simple, vivant, fiable.
Les rêves issus d’un manque d’amour pour soi — ce moment où l’on perd le contact avec ce qui est déjà en soi — peuvent sembler effrayants. Pourtant, ce qui paraît grave n’est souvent qu’un jeu d’enfant : une construction intérieure sans poids réel, un jeu où l’on se prend pour un corps menacé, limité, séparé. Mais ce jeu n’a jamais touché ce qui demeure vivant en soi.
Jusqu’à quand allons‑nous maintenir ce jeu ? Ne pourrions‑nous pas simplement déposer ce qui blesse, sans effort, sans lutte, pour revenir à ce qui est déjà là ? Aujourd’hui peut‑être.
Il n’y a pas de faute. Il n’y a pas de « péché ». Il n’y a que des gestes qui manquent de justesse : des moments où l’on perd l’amour pour soi, où l’on se croit séparé de ce qui est déjà en soi.
La présence intérieure est intacte. Ce qui est réel n’a pas été altéré. Le retour à cette vérité simple peut se faire maintenant, sans effort, sans délai.