Introduction
La leçon 22 d’Un cours en miracles ne fait qu’expliciter ce que les leçons précédentes ont préparé : la perception est un miroir de notre état intérieur, pas une réalité objective.
Elle révèle un mécanisme intérieur essentiel : nous projetons notre colère, puis nous croyons la voir dans le monde.
Ce que nous interprétons comme menace, tension ou hostilité n’est souvent que le reflet de nos propres pensées d’attaque — parfois très subtiles, parfois inconscientes.
Elle explique que nous projetons d’abord notre colère, puis nous percevons un monde prêt à se défendre ou à se venger. Nous croyons alors devoir nous protéger, ce qui renforce encore la perception de danger.
C’est un cercle fermé où la perception n’est jamais neutre : elle reflète notre état intérieur.
Avec les chevaux, ce phénomène devient particulièrement visible. Leur sensibilité naturelle met en lumière ce que nous portons en nous : une tension, une impatience, une colère fine, une peur déguisée. Ils ne jugent rien, mais ils reflètent tout.
L’Exercice suivant propose d’explorer ce mécanisme, puis d’ouvrir un espace où une autre façon de voir devient possible. Une vision plus présente, plus simple, plus vraie.
Exercice pratique avec le cheval : Voir sans colère
Étape 1 — Observer ce que je crois voir
Regarde ton cheval sans bouger. Laisse apparaître les premières interprétations :
- « Il m’ignore. »
- « Il ne veut pas venir. »
- « Il est tendu. »
- « Il pourrait réagir. »
Puis observe ce qui se passe en toi :
une irritation légère, une impatience, un agacement, une tension dans la mâchoire ou dans le ventre.
Dis-toi intérieurement :
« Je ne vois rien qui durera. »
« Ce que je vois vient de moi »
« Ce que je vois n’est pas la réalité, mais la projection d’un état intérieur. »
Tu ne te juges pas.
Tu reconnais simplement que ton regard n’est pas encore neutre.
Étape 2 — Reconnaître la projection
Observe comment ton corps réagit :
une contraction, une envie de contrôler, un mouvement de retrait, une micro‑attaque intérieure.
Puis dis simplement :
« Je vois ma propre colère, pas le cheval. »
Cette reconnaissance ouvre un espace intérieur.
Tu n’as rien à changer.
Tu laisses simplement tomber l’idée que ce que tu vois vient de lui.
Étape 3 — Regarder à nouveau
Repose ton regard sur le cheval comme si tu le voyais pour la première fois.
Demande-toi intérieurement :
« Est‑ce vraiment ce cheval que je veux voir ? »
« Est-ce vraiment cette image que je veux renvoyer au monde ? »
Cette question ne demande pas de réponse.
Elle ouvre une disponibilité.
Puis observe vraiment :
- sa respiration,
- la qualité de son attention,
- ses mouvements,
- sa présence totale.
La réponse se révèle d’elle-même.
Étape 4 — Revenir à la présence
Reviens à ta respiration.
Remercie intérieurement le cheval pour sa présence.
Observe ce qui change en toi :
le corps se relâche, le regard s’adoucit, le cheval peut se détendre, s’approcher, ou simplement rester présent.
Tu n’imposes rien.
Tu offres un espace où la relation peut se poser sans projection.
Intention de l’exercice
Lorsque nous reconnaissons que la colère que nous croyons voir ne vient pas du monde — ni du cheval — mais de nous, une autre vision devient possible.
Une vision qui ne part plus de la défense, mais de la présence.
Une vision qui ne cherche plus à interpréter, mais à rencontrer.
Pourquoi cet exercice est puissant
- Il révèle la projection de la colère.
- Il transforme la relation sans technique.
- Il interrompt le réflexe défense‑tension.
- Il ramène à une présence neutre.
- Il ouvre une vision plus juste.
L’acte de la leçon en un mot
Reconnaitre
22ème clé pour un succès véritable
« Le succès véritable ne peut être associé à la peur,
sauf si tu crois que ce qui est invisible à tes yeux n’existe pas,
niant ainsi la vision intérieure. »
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