Tu vis dans un monde de symboles, où chaque nom que tu donnes sépare, isole, définit. Ce que tu nommes devient distinct, détaché de l’unité, entouré d’un espace imaginaire. Cet espace crée l’illusion de différences, de lieux et de temps, de corps distincts.
Tu crois percevoir grâce à cette séparation, mais tu ne vois que ce que tu as divisé. L’unité t’échappe, masquée par la grille que tu as tracée sur le monde. Et dans cette illusion, tu te penses libre — un être indépendant, qui fonctionne avec sa propre volonté.
En nommant, tu as séparé : chaque mot donné isole, fragmente, transforme l’un en plusieurs. Ce que tu nommes devient réel à tes yeux, porteur de sens, de causes et d’effets. Ainsi se façonne une réalité fragmentée de petites choses qui se regardent. Le manque d’espace, la différence de regard ou le simple sentiment d’appartenir deviennent menace : l’unité fait peur, regardant le petit, et niant le Tout.
Or cette autre vision reste encore une voie naturelle que l’esprit peut suivre pour canaliser sa perception. Tu as appris à croire que connaître, c’est nommer — sans fin — afin de conceptualiser et de partager les choses.
C’est là l’héritage du monde : croire que les noms prouvent ce qui est réel, que voir ce qui est nommé est preuve de vérité. Douter de cette réalité serait folie ; l’accepter est signe de raison.
L’enseignement du monde est une étape que tous traversent. Mais plus vite on en voit les bases fragiles et les résultats douteux, plus tôt on remet en question ses effets. Cet apprentissage qui s’arrête à ce que le monde enseigne, reste en deçà du sens. Pris comme point de départ, il ouvre à une autre vision, où les noms du monde peuvent être défaits à mesure qu’ils sont mis en doute.
Tu n’as pas fait ce monde — seulement les illusions. Mais ce qui est vrai sur la terre comme dans l’Invisible, dépasse les noms. Quand tu appelles un allié, tu interpelles son corps, non sa véritable essence. Son corps répond, car l’esprit accepte le nom que tu lui donnes. Ainsi, son unité est niée deux fois : par ton regard, le séparant de toi, et lui acceptant ce nom différent du tien.
Tu n’as pas à renoncer aux symboles du monde tout en assumant ta fonction d’enseignant — tu as besoin de les utiliser pour un temps, mais sans te laisser prendre par eux. Ils servent à communiquer d’une manière que le monde peut comprendre, tout en gardant en toi la conscience de l’endroit d’où naît la véritable communication.
Chaque jour, fais une pause hors de l’apprentissage du monde : un espace de lumière où tu te souviens du Nom que la Vie a donné à toute chose vivante. Puis retourne au monde, non parce que tu le penses réel, mais pour proclamer son irréalité — avec des mots qu’il peut entendre.
Utilise les noms et symboles du monde, le Médiateur s’en sert, sans oublier que toute création partage un seul Nom, une seule Source qui unifie toutes choses en Elle-même. La Vie n’a qu’un nom : Amour, qu’Elle a donné en héritage en réponse éternelle à ceux qui ont choisi que l’enseignement du monde prenne la place de l’Invisible.
Lors de la séance avec le cheval, notre but est de laisser nos esprits accepter ce que la Vie a donné en réponse à l’héritage illusoire du monde — un hommage silencieux aux âmes qu’Elle aime.
Tu ne peux pas échouer en cherchant le sens du Nom « Amour ». L’expérience doit venir s’ajouter à Sa Promesse. Mais pour le recevoir, il faut d’abord l’accepter comme la réalité une — en reconnaissant que les multiples noms qui ont été donnés n’ont rien changé à la vérité. Apporte un seul Nom pour guider ta pratique : Seul le nom « Amour » unifie la vue.
Même si chaque aspect d’un être semble porter un nom différent, nous reconnaissons qu’un seul Nom les unit tous. C’est ce Nom que nous invoquons dans nos exercices : Ce qui nous gardait séparés ouvre nos yeux. Maintenant, la force nous est donnée de voir au-delà du monde. Et notre vue, comblée de faveur, nous appelle à la transmettre.
Les succès ramènent l’esprit à sa paix. En délivrant du manque, ils offrent protection. La force de l’esprit ne laisse place ainsi à aucune ingérence de l’ego.
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